Le réchauffement climatique : stop !

Le réchauffement climatique : stop !

On ne peut plus continuer comme ça …

Ça y est, je tape les premières lignes de ce que j’ai mis tant de temps à formaliser dans ma tête. Pourtant cela me semblait clair et banal, je l’entendais partout, tout le temps, au point de ne plus l’écouter. Je pensais avoir saisi les enjeux du réchauffement climatique, mais je me trompais. J’étais loin, très loin, d’avoir saisi l’ampleur de cette affaire. Surtout, je n’imaginais pas le rôle que devait jouer ma génération. Qu’est-ce que cela a à voir avec moi ? Ce premier article s’insère dans l’objectif du blog Inspiré.e.s :  celui de dépasser les évidences. De prendre la mesure des enjeux qui nous entoure. De décrypter les apparences pour les rendre accessibles à tous. Loin de vouloir prôner un discours moralisateur voire culpabilisateur, l’idée ici est simple : informer pour permettre un nouveau regard. Peut-être même, sans prétention aucune, inspirer certains d’entre vous à suivre cette démarche. Car peut-on changer ce que l’on ne comprend pas vraiment, ou pire encore, ce que l’on pense avoir cerné ? Je suis persuadée que non.

Par quoi commence-t-on ?

Aujourd’hui donc, nous allons parler simplement de la planète, du réchauffement climatique et de notre société de consommation. Nous allons essayer de comprendre pourquoi nous ne pouvons plus continuer comme ça… Et oui, encore un article à ce sujet, un de plus dans la multitude de données déjà disponibles. Mais, je vous invite à le lire, au mieux il vous donnera de nouvelles perspectives, au pire, vous perdez une dizaine de minutes. Chaque jour est une nouvelle occasion d’entendre des mots compliqués : transition écologique, énergies renouvelables, nucléaire, effet de serre, hydrocarbures, taxe carbone, catastrophes naturelles, circuit court, mode de consommation éthique et responsable… et j’en passe. Mais, que sait-on à ce sujet ? Pour la plupart d’entre nous, que ça va très mal. Les scientifiques s’arrachent les cheveux à essayer de nous expliquer pourquoi il est urgent d’agir, le plus souvent en utilisant des concepts éloignés de notre réalité. Du moins, trop lointains pour que l’on se sente concernés.

Alors oui, j’avais l’impression de faire ma part. Je trie mes déchets, je vais au travail en vélo etc. Je me disais que si tout le monde faisait la même chose, un pas immense serait franchi. De fait, j’étais dans une vision très individualiste de la situation. Or, si nous voulons vraiment changer les choses, la solution collective semble être l’unique réponse possible. Ici, nous allons donc repartir du début, rembobiner à zéro pour comprendre ces phénomènes et rendre visible ce que chacun d’entre nous a à gagner ou à perdre.

S’il vous plaît ! Retour à la case départ

Avant toute chose, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement de ce réchauffement, ce qu’est l’effet de serre, le « fameux » j’ai envie de vous dire. C’est un phénomène naturel : la Terre réfléchit le rayonnement infrarouge solaire. Certains gaz à effets de serre présents dans l’atmosphère (le méthane ou le dioxyde de carbone par exemple) retiennent une partie de ce rayonnement et le renvoient sur la planète (d’où le nom « effet de serre », comme en agriculture). C’est ainsi que la Terre se réchauffe. Sans lui la vie serait impossible car la température terrestre serait de -18°c. Il est donc une bonne chose ! Le problème est arrivé lorsque l’activité humaine a commencé à produire, produire, produire, encore et encore. La révolution industrielle a complètement déréglé ce système en émettant beaucoup trop de gaz. Plus que ce que notre planète est capable d’absorber et de réguler. C’est ici que commence le côté obscur de ce que l’on appelle le réchauffement climatique.

+2°c = un pull en moins ?

Le réchauffement climatique a forcément des conséquences. En premier lieu, l’augmentation des températures. La Terre s’est réchauffée de +1°C en 150 ans. Dit comme ça, ça ne semble n’est pas si terrible. Pourtant c’est ici que réside le principal enjeu des discours scientifiques. Pourquoi ? Parce qu’avec ce petit degré supplémentaire, notre quotidien est déjà impacté. En allumant la TV nous voyons brûler des millions d’hectares en Australie, en Amazonie ou en Californie, des inondations récurrentes, ou des catastrophes naturelles. Il est important de comprendre, qu’en réalité, quand les scientifiques parlent d’augmentation des températures, ils ne parlent pas de météo locale, mais bien du climat planétaire. Alors, qu’est que cette nuance change ? Malheureusement, beaucoup de choses. Bien entendu, il serait plus simple d’enlever un pull, mais vous vous en doutez déjà, ça ne fonctionne pas comme de cette manière. Il suffit de prendre conscience que depuis 10 000 ans, date de la dernière ère glaciaire, la température terrestre s’est réchauffée de +5°c seulement pour réaliser l’ampleur des dégâts. À cette période, l’Europe était amputée par des glaciers de 3km d’épaisseur qui ont aujourd’hui pour la plupart disparu.

Et si c’était dans mon corps ?

Pensez plutôt cette augmentation à l’image de votre corps. Lorsque vous avez de la fièvre, à 38°c, vous n’êtes pas au top de la forme, mais à 39°c, ce n’est pas deux fois plus pénible qu’avec un seul degré supplémentaire. Ce n’est pas linéaire. À cette température, vous êtes cloué au lit. Si la fièvre monte jusqu’à 41°C, soit quatre petits degrés, vous êtes mort. L’augmentation des températures, de votre corps comme celle de la planète, cause des dommages exponentiels. De plus, ils sont inégaux. Tout le monde n’est pas touché avec la même intensité et de la même manière. Dans le cadre du réchauffement climatique les pôles et les zones équatoriales sont les premiers à subir les conséquences. Encore une fois, il serait facile de penser que nous autres, les occidentaux… et bien, on s’en tire plutôt pas mal, pour l’instant.

« Il est important de comprendre, qu’en réalité, quand les scientifiques parlent d’augmentation des températures, ils ne parlent pas de météo locale, mais bien du climat planétaire »

La vision sur le long terme … pas si évident à accepter

L’autre aspect qu’il est indispensable de saisir est que nous avons déjà signé pour une augmentation de +1,5°c d’ici les vingt prochaines années. Les rapports scientifiques montrent que même si nous arrêtions tout maintenant et que tous les pays du monde tenaient leurs engagements en matière d’écologie, cette hausse de +1,5°c est inévitable. Attendez quoi, stoppez un instant, on nous demande donc de fournir des efforts pour dans 20 ans ?!!!! Et bien oui, car le CO2 reste dans l’atmosphère longtemps avant de se dégrader et nous en avons déjà trop émis pour que les températures restent telles-quelles. Pour autant, cela ne veut pas dire que tout est perdu. Le médicament n’agit pas tout de suite, mais il finit par soigner. Nos actions d’aujourd’hui aboutiront plus tard. Si vous ratez l’école pendant 2 ans, ce n’est pas en faisant des efforts pendant une semaine ou un trimestre que vous rattraperez votre retard, il faut du temps. C’est le plus dur à accepter. On doit travailler pour quelque chose qui n’est ni direct, ni immédiat. Cela implique une vision sur le long terme, trop abstraite pour la plupart d’entre nous, et c’est normal.

Ça ne s’arrête pas là…

L’augmentation des températures a d’autres conséquences. Elle entraine la fonte des glaces et donc la montée des océans. Le niveau des eaux a déjà augmenté de 20cm depuis un siècle. Il pourrait s’élever encore de 40 à 80 d’ici 2100. Dans la perspective d’une augmentation de plusieurs degrés, l’acidification progressive des océans entrainerait une disparition progressive des récifs marins, la perte de certains écosystèmes et donc une baisse de la biodiversité telle que nous la connaissons. Mais aussi, avec le réchauffement climatique, les précipitations augmentent et augmenteraient encore plus dans certaines zones (les pôles par exemple). Ailleurs les pluies diminueraient et la sècheresse s’installerait, c’est le cas du bassin méditerranéen. Une nuance est importante, c’est bien l’atmosphère qui se réchauffe en emmagasinant toujours plus de gaz, mais sur Terre, le climat, lui, se dérègle. Voilà pourquoi le choix du mot employé entre « réchauffement climatique » et « dérèglement climatique » engendre autant de litiges.

Et donc, il en ressort quoi de cette histoire ?

Maintenant que l’on visualise un peu mieux les mécanismes de ce dérèglement / réchauffement climatique, on va essayer de comprendre comment cela impacte nos sociétés, nos modes de vie. C’est ici, qu’intervient la notion « d’enjeux », c’est-à-dire ce que nous avons, collectivement et individuellement, à gagner ou à perdre.

Une augmentation de +4°c équivaudrait à un chaos international, économique, social, géopolitique. À cette température, presque toute la zone équatoriale serait létale à cause, en partie, de la chaleur et de la saturation en humidité. Le corps humain ne pourrait plus se refroidir. Ceci engendrerait des réfugiés climatiques, car bien évidemment, l’instinct  de survie prendrait le dessus et les populations ne resteraient pas à mourir sur place. Il en va de même avec la montée des océans, beaucoup de territoires de basse altitude seraient engloutis et des peuples contraints de se déplacer. Lorsque l’on constate les controverses et conflits qu’engendre déjà l’immigration dans nos sociétés aujourd’hui, on comprend qu’il est urgent de réagir pour éviter un surplus de mouvements sur des terres toujours plus restreintes. En plus du manque d’espace, beaucoup de sols seraient asséchés ou inondés en raison du dérèglement des précipitations. Ils seraient inexploitables. Cela modifierait nécessairement notre agriculture et impliquerait des importations pour combler les manques. Bref, certains ne pourraient plus suivre leurs habitudes alimentaires et en seraient déjà contrariés, d’autres auraient faim. Gardons à l’esprit que l’instabilité alimentaire est le premier facteur de troubles géopolitiques. C’est clair, on n’a pas fini de se battre…

Le GIEC: face à la réalité !

Heureusement il existe un organisme, composé de centaines de scientifiques du monde entier qui a pour mission d’évaluer sans parti-pris, de façon méthodique, claire et objective les informations nécessaires pour mieux comprendre les risques liés aux réchauffement climatique. Du fait du consensus des chercheurs et de la multiplicité des avis, ses rapports sont indiscutables. Il s’agit du GIEC, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, créé en 1988 par l’ONU qui rassemble 195 états. Pour le dire de façon simple, ce dernier cerne les conséquences et donne des pistes pour « limiter la casse ». Ce n’est pas un lieu à vocation de recherche mais un groupe d’expertise ayant pour but de synthétiser.

Les deux derniers rapports ont été publiés en 2014 et 2018. Il faut le dire, pour quelqu’un qui n’est pas du milieu, difficile de comprendre toutes les notions scientifiques qu’ils contiennent. C’est long, méticuleux mais ces prévisions ont le mérite de nous confronter à la réalité qui nous attend. Et avec un peu de persévérance, il est facile et accessible pour tous de trouver des « traductions » et résumés des conclusions données (par exemple ici : https://citoyenspourleclimat.org/rapportsdugiec/ ). Ces documents explicitent clairement la nécessité de ne pas dépasser +1,5°c d’ici 2100. Les théories les plus pessimistes déterminent même que d’ici là et sans changement, on pourrait atteindre les +4,5°c. On serait donc en bonne route vers le chaos si rien de bouge…

« Une augmentation de +4°c équivaudrait à un chaos international, économique, social, géopolitique »

Vers la transition écologique

Ok, c’est là que vous vous dites : « mais elle nous a dit plus haut qu’on avait déjà perdu la manche des +1,5°c, faudrait savoir ! ». C’est vrai, et ça signifie que désormais chaque année compte, chaque +0,5°c compte. Tout l’enjeu du réchauffement climatique est de parvenir à limiter l’augmentation des températures à +2°c d’ici 2100. Pour tenir cet objectif, il faudrait baisser les émissions planétaires de CO2 de -5% chaque année. La COVID-19 en 2020 a engendré une baisse de cette ampleur, on a pu en expérimenter les conséquences. La théorie voudrait donc qu’il y ait une pandémie tous les ans pour y parvenir … ou alors un changement profond du fonctionnement de nos sociétés et de nos modes de consommation. C’est ce que l’on appelle « la transition écologique ».

« Désormais, chaque année compte et tout l’enjeu est de parvenir à limiter l’augmentation des températures à +2°c d’ici 2100 »

Repenser le modèle

On y est, c’est enfin ici que l’on va comprendre le « en quoi ça me concerne ? ». Le « pourquoi mes choix conditionnent aussi le réchauffement climatique » ? Une notion centrale doit être abordée maintenant : celle d’énergie. Depuis des décennies, voire des millénaires, l’Homme cherche des solutions pour remplacer l’énergie manuelle qui le cantonne à un mode de vie simple. Grâce aux animaux puis aux machines il accélère les modes de production pour construire un modèle du « produire plus vite pour moins cher ». Pour ce faire, il puise dans les réserves de la Terre : les énergies fossiles (sous-entendu, non renouvelables, quand il n’y en a plus, c’est définitif, point). Elles sont entre-autres, le charbon, le pétrole et les gaz naturels. On les appelle aussi les « hydrocarbures ». Elles sont présentes dans les sols et ont mis des milliers d’années à se constituer. Leur combustion permet de fournir de grande quantité d’énergie mais rejette aussi beaucoup de gaz à effet de serre dans l’atmosphère tout en créant de la pollution.

Alors, la question est de savoir à quoi sert toute cette énergie produite ? Vous connaissez la réponse : à acheter un nouveau téléphone, à aller à l’entrainement en voiture, à acheter des vêtements, à voyager en avion, à chauffer sa maison, à acheter des fruits tropicaux…

Acheter: encore et encore

Finalement, on se retrouve face à une répétition flagrante : l’énergie sert à produire plus pour acheter plus. Dit, plus simplement, l’énergie sert à acheter. Et c’est ici que nous intervenons, oui nous, Monsieur et Madame tout le monde. Nous nous retrouvons face à une nouvelle évidence que chacun peut expérimenter à un moment donné : « je jouis d’un certain confort mais je me rends compte qu’il y a un problème ». On s’y habitue. On se dit que le capitalisme est tellement ancré dans nos sociétés qu’il est impossible d’en changer. Que c’est un problème que les politiques et les grands patrons doivent résoudre. Qu’à notre échelle, c’est impossible, nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Il faut dire qu’il est difficile de se faire une idée de ce qu’un changement impliquerait dans la vie des sociétés humaines. D’où l’intérêt d’une approche plus pédagogique et plus simple. Ce sont les zones les moins habitées et donc les moins médiatisées qui paient aujourd’hui le prix fort : les pôles, les forêts et les zones équatoriales par exemple. Nous nous contentons de les regarder fondre et bruler sans nous sentir véritablement responsables. Ce n’est pas comme si nous avions jeté l’allumette…

« On se retrouve face à une répétition flagrante : l’énergie sert à produire plus pour acheter plus »

Le pouvoir d’achat: l’objectif d’une vie ?

Il faut bien comprendre que si la question est « est-il trop tard pour que tout aille bien ? » La réponse est « oui ». Mais, si je tourne ma question en « est-il trop tard pour que la vie perdure ? », la réponse est « non ». Voici la réalité invisible à laquelle nous sommes confrontés, ensemble, aujourd’hui.

L’homme s’est construit sur des mythes de domination et de prédation. En résulte une société du spectacle.L’écrivain Guy Debord disait déjà en 1967 que « toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles ». Ces spectacles correspondent à une fabrique concrète de l’aliénation. Plus simplement, Debord explique que nous vivons bercés dans une « vérité inversée ». Nous sommes sollicités tout le temps, partout, pour consommer. Nous vivons dans un monde à toute allure, dans laquelle le pouvoir d’achat guide chacun de nos pas.

Pourquoi les gens sortent-ils dans les rues pour faire savoir leur mécontentement ? Pour défendre leur pouvoir d’achat. Pourquoi ai-je peur de ne pas gagner assez d’argent ? Pour ne pas avoir à me priver de tous les faux-besoins que je me suis créée. Finalement, pour être « à l’abri », mais de quoi ? Pourquoi certains s’infligent-ils un travail qu’ils n’aiment pas toute la semaine ? Pour assurer leur mode de vie et payer les factures.

Il est normal de ressentir tout ça. Guy Debord concluait son ouvrage en disant ceci : « S’émanciper des bases matérielles de la vérité inversée, voilà en quoi consiste l’auto-émancipation de notre époque », c’était il y a plus de 50 ans déjà… qu’a-t-on fait depuis ? On a consommé bien sûr. C’est ici que l’on réalise combien les programmes politiques devraient en réalité être conditionnés par une seule et même donnée, celle qui impacte toutes les autres: le bon fonctionnement de la planète. Sans quoi, l’ensemble du cercle vicieux se déchaine.

Elles sont tenaces ces représentations …

Le problème est que dans notre imaginaire, dans notre tête (et moi la première soit dit en passant), là où il y a de l’argent, il y a de la pollution. Ce n’est pas faux. Mais alors et le problème est surtout ici, être écolo voudrait dire vivre pauvrement ?! Hors de question de faire autant de sacrifices dans mon coin.

Il faut nuancer l’image que l’on se fait de la situation. Faire attention à la planète ne veut pas dire vivre en autosuffisance au fond du jardin de ses grands-parents. Cela signifie commencer par adopter des gestes simples, à la portée de tous. On dit souvent que 99% des richesses sont concentrées chez 1% de la population mondiale. Les fameuses « grandes entreprises ». Bien entendu, elles ont un pouvoir immense. Elles peuvent changer les choses et devraient même en porter la responsabilité.  Mais l’inverse n’est pas vrai. Nous, les 99% de personnes qui constituons les 1% de richesse avons quelque chose que les grands patrons n’ont pas. Nous sommes le marché. Vous savez, dans le système de l’offre et de la demande.

On est d’accord, ce n’est pas parce que je vais acheter un pull dans une friperie plutôt que dans un magasin de fast fashion que je vais empêcher le réchauffement climatique ! Mais j’y contribue activement en envoyant un message fort aux marques. Lorsqu’on en prend conscience, parfois, on a l’impression de porter tout le poids de ce changement sur nos épaules. Mais si ce n’est pas nous, qui ? Si ce n’est pas maintenant, quand ? Alors, ne sous-estimons pas le pouvoir du collectif.

Le message des 99%

Lorsque nous consommons différemment, le marché change, les géants doivent s’adapter et leur production est contrainte de se modifier.  Regardez autour de vous, combien de nouvelles publicités voyez-vous pour des marques biologiques, pour des produits « éthiques et responsables » ou du circuit court.

Bien sûr, cela entraine des dérives, les « faux-gentils du réchauffement climatique », ceux qui font ce que l’on appelle communément du « greenwashing ». Mais l’essentiel est là : le message est en train de passer petit à petit. Et si on continuait à consommer autrement, que se passerait-il ? Le cercle vicieux finirait peut-être par s’inverser. J’apprendrais à m’acheter un vrai pull, de qualité, fait avec des matières durables qui ne ressemblerait pas à un chiffon après un hiver. Un pull produit par des ouvriers dont les conditions de travail sont décentes. En plus, j’en serais vraiment contente. Vous savez, ce sentiment de satisfaction que l’on ressent lorsque l’on obtient ce qui nous tient vraiment à cœur.

« Nous, les 99% de personnes qui constituons les 1% de richesse avons quelque chose que les grands patrons n’ont pas. Nous sommes le marché »

Comment agir ?

L’aspect social de la transition écologique est au cœur du processus. Bien entendu, pour faire face au réchauffement climatique, tout le monde ne peut pas investir dans du coton biologique ou manger local. Mais repenser le modèle commence avec certains principes de base.

Invitons les industries à collaborer pour éviter l’utilisation de matières premières en consommant mieux et en valorisant le recyclage. Trions nos déchets pour fournir de la matière à recycler. Laissons les énergies fossiles tranquilles. Adoptons des modes de transports moins polluants quand c’est possible (le plus souvent ça l’est, c’est seulement moins arrangeant). Privilégions une alimentation moins riche en viande, locale et de saison. Encore une fois, cela ne veut pas dire devenir végétarien et ne manger que des spécialités locales, mais plutôt valoriser ce qui est produit sur place. Évitons de changer de téléphone tous les ans pour avoir le nouveau modèle à la pointe. Intéressons-nous à l’industrie textile de seconde main. Mettons un pull (celui de bonne qualité, acheté dans une entreprise responsable) plutôt que de monter le chauffage à fond. Faisons des choix politiques qui accepteront de faire les investissements nécessaires à ce changement (la cour des comptes européenne parle 1000 milliards par an).

L’essentiel à retenir…

Gardons en tête que la meilleure énergie et celle que l’on ne consomme pas. Je vous rassure, je suis très loin d’être un exemple de perfection dans ce modèle et ce n’est pas le but. Mais, je fais de mon mieux et j’ai envie de vous inciter aussi à essayer. Vous vous rendrez compte que les petits détails changent de grandes choses. Inversons finalement la tendance vers un cercle plus vertueux.

« Gardons en tête que la meilleure énergie et celle que l’on ne consomme pas »

Qu’est ce qu’on attend?

Le constat est simple : que ce soit de notre plein gré ou pas, ça arrivera, alors qu’est-ce qu’on attend ? Il y a quelques jours, en regardant une vidéo à ce sujet, j’ai entendu parler de « crime contre l’avenir ». J’ai 27 ans. L’avenir, je vais en faire partie, partiellement du moins. En 2050, date clé pour l’objectif du respect des +1,5/2°C, j’aurai 57 ans, je saurai si nous avons réussi ou non.

D’ailleurs, j’aime la métaphore utilisée par Chloé Bloom, une coach holistique qui développe des programmes bien-être. Selon elle, la vie nous envoie des signes que nous devons écouter : d’abord la plume, un gentil signal presque imperceptible, puis la pierre, un choc plus violent. Si on n’a toujours pas compris, la vie nous envoie le camion et les dégâts sont colossaux. On peut dire qu’à notre stade la plume a été envoyée depuis un bout de temps. La pierre semble être passée aussi. Allons-nous être assez stupides pour attendre le passage du camion ?

Responsabilité individuelle ou collective ?

A ce stade, la limite entre la responsabilité collective et individuelle est primordiale. En psychosociologie, on dit souvent que le fait d’être nombreux limite le sentiment de responsabilité. Combien de fois avez-vous vu quelqu’un se faire embêter dans la rue ou le métro et des passants ignorants faisant comme si de rien n’était, sans réaction ? C’est ça le fait de « ne pas se sentir responsable », quelqu’un d’autre le fera. En revanche, si la personne agressée vous désigne et vous appelle, vous, en vous pointant du doigt, vous avez le sentiment de ne plus avoir le choix. Vous êtes responsable. Le principe est le même dans le cadre de l’écologie, c’est à chacun d’entre nous d’être impliqué, pas au collectif. Car c’est ensemble que nous changerons le collectif.

Pour finir…

Il est normal de se dire que c’est compliqué, de ne pas cerner tout l’enjeu et l’urgence du réchauffement climatique. On ne voit le plus souvent que le dernier maillon de la chaine : la promotion du textile durable, des légumes biologiques et locaux, du court-circuit ou les discours alarmants. On sait que ça existe, c’est évident, sans vraiment saisir tout ce que cela implique. Comment jouer à un jeu dont on ne connait pas les règles ? Voilà donc l’objectif de cet article: expliciter les règles du jeu. Maintenant que vous les avez entre les mains, c’est à vous de jouer.

 

 

 

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